Les 5 tendances design qui vont (vraiment) bousculer les codes du web et du mobile en 2026

Marion Griesemann Responsable Éditoriale
Fabienne Latxague HEAD OF UX
Anne-Sophie Gotteland HEAD OF UI DESIGN
10 Décembre 2025 • Lecture min

Cette année enclenchait la rupture, la prochaine en sera la confirmation. 

Si nos tops tendances de 2024 et 2025 s’attachaient à décrypter les singularités graphiques devenues normes dans le web et le mobile, cette fois le bouleversement a trait au fond, à la raison d’être des interfaces digitales. L’arrivée des IA génératives dans les outils de production, mais aussi dans la conception des expériences elles-mêmes, a fait exploser les cadres traditionnels du design. Le search conversationnel, les navigateurs intelligents ou encore l’arrivée des Apps dans ChatGPT ont par exemple considérablement fait évoluer la structure des parcours. 

Mais l’IA n’a pas joué cette partie toute seule. Entre minimalisme grandissant des UI, incursions du monde réel en ligne, personnalisation poussée à l’extrême ou encore nécessité pour les marques d’affirmer leur identité pour réchauffer les cœurs (et les services), le basculement semble global. Rien ne sera plus jamais comme avant et nos designers ne pouvaient plus attendre pour vous le dire : en 2026, le design d’interface va être encore plus intelligent, réactif, mouvant. 

Avec un peu d’avance cette année et en 5 tendances UX/UI majeures, ils vous expliquent comment.

Au sommaire : 

#1 Le pouvoir du contexte
#2 Voyage dans l’espace
#3 Entre émotions et sensations
#4 Conversation first
#5 Bienvenue à l’ère graphique

#1 Le pouvoir du contexte : fini les interfaces figées, elles évoluent en temps réel 

Alors lui, clairement, c’est le king, celui qui dicte toutes les règles et a nourri une nouvelle façon de penser les interfaces, à travers ce fameux concept de “design contextuel”.

En design contextuel, l’interface et l’expérience s’adaptent en fonction du contexte de l’utilisateur (lieu, moment, météo, humeur…), son intention immédiate et son environnement technologique (mobile, desktop, voiture, enceinte vocale…). Comment ? Grâce au pouvoir d’analyse des LLM et aux capacités d’action des agents qui se sont faits une place de choix au sein des sites et des apps. 

En poussant un peu le curseur, on peut même dire que nous entrons dans l’ère de la “personnalisation radicale”, de “l’AI-first UX”, où les pages deviennent entièrement dynamiques, adaptées à chaque profil en temps réel, avec une navigation prédictive (le site anticipe les recherches avant même qu’elles soient formulées) et où les contenus (descriptions, visuels, mises en scène) sont générés à la volée. Ce sont vos utilisateurs qui ont désormais les clés, ils veulent que l’UX et l’UI de leurs services préférés s’adaptent, à la demande. Charge à vous de réussir à correctement tout interpréter. La phase de recherche utilisateur et les connaissances / données que vous avez sur vos audiences deviennent donc encore plus capitales sur la durée. 

C’est particulièrement vrai pour des interfaces e-commerce, dans la mode, la déco ou l’ameublement par exemple, où se multiplient désormais les expériences de projection virtuelle. Si votre utilisateur veut voir le rendu de sa cuisine ou de sa silhouette avec vos produits, votre site / app doit être capable de (re)créer cet environnement complètement sur-mesure pour lui offrir une toute nouvelle possibilité, celle du “Try before you bAI”. 

“Dans ce contexte, le rôle du designer évolue. Il doit désormais concevoir des systèmes modulaires et évolutifs, où chaque composant visuel et interaction n’est pas figé mais pensé comme un élément flexible capable de se recomposer selon la situation, tout en maintenant de la cohérence et de la lisibilité.” Anne-Sophie Gotteland, Head of UI

Petit point d’avertissement, l’exploitation des intentions et des contextes d’usage n’est pas qu’une question de conception. Les designers anticipent les scénarios mais la technologie doit leur donner vie, autant de fois que nécessaire, ce qui implique d’avoir une architecture réellement solide et temps réel (données, protocoles de communication…). 


#2 Voyage dans l’espace : quand le spatial design rend les interfaces plus interactives

Lunettes connectées à la Meta-Rayban, casques de réalité mixte façon Apple Vision Pro ou Samsung Galaxy XR… La multiplicité des devices actuels et à venir et la superposition entre mondes réel et virtuel qu’ils impliquent forcent les designers à imaginer des expériences spatialement plus évolutives… Ou plutôt adaptatives. Adieu le responsive, les interfaces ne doivent plus répondre aux standards uniques du desktop, des tablettes ou du mobile mais à tout type de plateforme, existante ou à venir. Pour les designers, cela passe entre autres  par la création de parcours continus, de composants ou blocs qui s’ajustent automatiquement, de menus et éléments qui se replient ou disparaissent pour mettre le produit en avant. 

A noter que Google a fait du design adaptatif cette année un sujet phare de sa Google I/O en insistant sur l’importance de la continuité entre ses nouveaux OS, Android 16 et Android XR.

Cette vision plus spatiale du design met aussi en avant l’usage de la réalité augmentée et de la réalité virtuelle dans les interfaces, qui peuvent désormais être nativement intégrées sur le web (et plus seulement sur mobile) grâce à des API comme WebAR ou WebXR. Les objets 3D restent également un bon moyen d’apporter de la profondeur et des interactions dans les expériences mais 2026 sera surtout le moment pour les concepteurs de services digitaux de se frotter à Liquid Glass, le nouvel écosystème visuel d’Apple dévoilé avec iOS26. En s’inspirant du design de visionOS, le système d’exploitation du Vision Pro, Apple ouvre la voie à des effets translucides façon verre dépoli, des textures liquides avec des reflets mouvants, des dégradés fluides, du flou gaussien…

“C’est un tout nouvel univers qui s’offre aux interfaces, qui de plus en plus, donnent une impression de matière vivante, comme une fenêtre sur l’environnement réel de l’utilisateur. Le spatial design redéfinit notre rapport au digital car chaque écran devient une couche superposée au réel, où la profondeur, la transparence et le mouvement créent une nouvelle forme d’interaction.” Anne-Sophie Gotteland, Head of UI

#3 Entre émotions et sensations, les interfaces digitales deviennent expressives

Qui dit vivant dit humain. Et le remettre au centre en 2026 est un enjeu plus que certain car la technologie évolue rapidement et tend à déshumaniser les interactions, introduisant avec elle une bonne dose d’incertitude voire de stress pour les utilisateurs. 

Et ça les géants l’ont bien compris, à l’image de Google qui a dévoilé cette année Material Design 3 Expressive, une version renouvelée de son langage de design pour Android qui reposait jusqu’à présent sur la simplicité et la cohérence avec l’utilisation de grilles, d’élévations, d’ombres, etc. Avec Material Expressive, Google entend amener les interfaces mobiles vers plus d’expressivité (grâce à des formes organiques, des textures, des lumières), plus de personnalité visuelle (donc moins de standards rigides) et plus de sensorialité (animations, matières, couleurs).

Des préceptes que les designers de USERADGENTS partagent totalement et qu’ils vous encouragent à expérimenter en gardant en tête deux mots d’ordre pour l’année : 

  • Continuer à miser sur les micro-interactions. La navigation dans vos interfaces doit stimuler les sens à travers des animations courtes et des feedbacks subtils (pourquoi pas haptiques) pour accompagner chaque action. Elles sont d’autant plus indispensables dans des contextes de parcours conversationnels, vocaux ou spatiaux.
  • Explorer les possibilités qu’offre le design émotionnel, aussi bien en UX qu’en UI, pour réussir à détecter les émotions réelles et évolutives de vos utilisateurs et façonner des expériences qui en suscitent et ainsi créer de la mémorisation et de l’attachement de marque. Cela peut passer par la couleur, le choix de vos mots, de vos typographies, la façon dont vous construisez votre narration ou directement par votre communauté. N'hésitez pas, en effet, à laisser vos utilisateurs créer une partie de vos contenus (UGC), c’est un fantastique moyen de renforcer le sentiment d’appartenance. 

“Le design émotionnel n’a de valeur que lorsqu’il prolonge la raison d’être de la marque. C’est en travaillant en amont sur l’essence du service et ce qu’il apporte réellement aux utilisateurs que l’on peut concevoir des micro-interactions, des clins d’œil et des expressions qui ne divertissent pas gratuitement, mais qui créent du lien. L’émotion n’est pas un effet : c’est un marqueur de sens, un moyen d’ancrer la relation dans quelque chose d’authentique et d’engageant.” Fabienne Latxague, Head of UX

Emotions
Sensations

#4 Conversation first : tout passe désormais par le langage naturel (ou presque)

Autre conséquence de la sur-utilisation des agents et assistants intelligents : la transformation de la manière dont vos utilisateurs s’adressent à vous et bien sûr, de vos réponses. Aujourd’hui, une interface ne peut plus se contenter d’afficher des écrans, elle va devoir écouter, comprendre et surtout parler avec un humain, de façon fluide et aussi naturellement que possible. 

Pour cela, il est nécessaire de connaître et maîtriser ses codes, son langage, ses valeurs, ne serait-ce que pour réussir à bien engager la conversation avec lui. C’est ce qu’on peut appeler l’art du “new_invite” ou comment instaurer dès la première interaction humain-machine un climat de confiance qui va permettre aussi bien d’installer le ton que de guider l’usage de votre service. À ce jeu là, rappelez-vous que ce sont vos UX Writers les meilleurs. Faites-en des alliés capables d’éduquer et de donner une personnalité à vos agents, comme ils l’ont fait sur les wordings de CTA et de menus en leur temps. 

“Les utilisateurs n’attendent pas une conversation en plus de l’interface, mais une interface qui sait quand converser. Comme en boutique : on explore librement, et on sollicite un conseil quand c’est utile. Le design conversationnel consiste à intégrer ce basculement naturel dans le parcours, à l’hybrider réellement avec l’existant, pas à juxtaposer des écrans et un chat.” Fabienne Latxague, Head of UX

Mais si le langage (parfois même la voix) remplace 4 ou 5 étapes d’un parcours, quel est l’avenir de l’interface en tant que telle ? C’est la question que vous allez entendre cette année dans la bouche des adeptes du “no design” ou de “l’invisible UI”. Une question finalement vieille comme le monde (du design) mais qui pourrait en 2026 revenir tous nous hanter et devenir une réalité. Mais pourquoi voir le pire plutôt que le meilleur ? Chez USERADENTS, nous pensons que le “no design” est une piste qu’il faut indubitablement creuser mais plutôt au prisme d’une vision minimaliste de l’interface, d’une “light UI” où la simplification a surtout vocation à mettre l’accent sur la rapidité, la lisibilité et la sobriété numérique. 

#5 Bienvenue à l’ère graphique : n’oublions pas les bases 

Dans ce moment charnière guidé par de gros changements, il se peut que vos utilisateurs puissent trouver tout ça trop perturbant. Et franchement, on les comprend. C’est à vous, concepteurs de services, qu’il incombe de les rassurer, de les accompagner, en affirmant au passage votre personnalité face à un marché du digital de plus en plus standardisé. 

Et quoi de mieux pour le rassurer que d’envelopper l’utilisateur dans un cocon bien léché ? Un écrin bien pensé qui inspire et transporte autant qu’il va fonctionner ? 

2026 sera donc plus que jamais le théâtre et la manifestation d’univers graphiques affirmés dans les interfaces web et mobiles. Typographies surdimensionnées, gradients puissants, brutalisme, glassmorphism, neomorphism, polices interactives… Les modes vont et viennent mais l’optique reste la même : il est impératif de manifester sa singularité de marque, à travers des codants graphiques forts, que vos utilisateurs sauront identifier et apprécier pour qui sait… renforcer le lien.

En résumé

Demain est déjà là. En 2026, les interfaces web et mobiles seront génératives, éphémères, évolutives. Elles ne seront plus statiques, plus aucun écran ne sera figé car ce sont les émotions et les sens qui seront au cœur. Elles seront plus accrochées à la psyché et au mental de l’utilisateur. Minimalistes en apparences, elles seront capables de réagir à l’environnement réel de l’utilisateur, à différents espaces (lumière, ombres, gestes, utilisation d’éléments IRL comme un mur ou une table pour prolonger les écrans…) et de créer une ambiance chaleureuse. Elles devront enfin être le plus transparentes possibles, sauf quand l’utilisateur a besoin d’elles, se positionnant comme de petits assistants dormants du quotidien. 

Attention toutefois, faire des interfaces génératives ne veut pas dire “laisser faire” au risque de laisser certains utilisateurs sur le bord de la route. La forme de vos interfaces vient servir le fond, cela suppose de ne rien faire gratuitement et d’aller chercher l’intégralité de votre public. Aujourd’hui, les principes d’accessibilité et d’inclusion semblent arriver à maturité, entre autres grâce aux jeunes générations et à la prolifération du vocal au sein des expériences digitales, alors poursuivons nos efforts pour façonner des interfaces encore plus diverses. 

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