10 tendances incontournables pour le design de vos applications mobiles en 2024
Bien loin d’être en “dry january” quand il s’agit de se plonger dans les dernières nouveautés en matière de conception d’interfaces, la team des designers de USERADGENTS a passé le premier mois de l’année à scruter ce qu’il se faisait de mieux aujourd’hui dans le monde du design mobile. L’objectif ? Vous offrir sur un plateau les 10 tendances UX/UI qui feront selon nous 2024, exemples à l’appui, pour nourrir les expériences de vos utilisateurs et avoir des services digitaux à la pointe des innovations du marché.
Petit sommaire :
#1 Conversationnel, vocal, gestures… Quand l’IA transforme les interfaces
#2 3D Design & interfaces immersives : le mobile prend une nouvelle dimension
#3 Secure by design : bienvenue dans l’ère du passwordless
#4 Hypercontextualisation : mon interface à moi
#5 Le design devient comportemental & émotionnel
#6 Entre minimalisme, brutalisme et néo-brutalisme : on choisit quoi ?
#7 Le triomphe de la typographie et du dégradé
#8 En 2024, soyons toujours plus responsables & inclusifs
#9 Les micro-interactions et les animations toujours au programme
#10 Multi-screens design : rendre le design plus cohérent
#1 Conversationnel, vocal, gestures… Quand l’IA transforme les interfaces
Si vous êtes passé(e) à côté, permettez-nous de nous inquiéter. Depuis novembre 2022 et l’avènement des intelligences artificielles génératives, concrétisé par le lancement de ChatGPT par OpenAI, les lettres I & A sont partout, y compris dans nos smartphones. De nombreux modèles de langages (LLM) ont émergé depuis, notamment Gemini de Google auquel nous avons consacré un autre article, conduisant les concepteurs d’applications à intégrer des fonctionnalités toujours plus innovantes et à fluidifier toujours plus leur accès pour les utilisateurs.
Grâce à notre boule de cristal, nous prévoyons un retour en force des chatbots (bon ok, c’était pas bien compliqué) et par conséquent des interfaces où l’information est présentée sous un mode conversationnel. Un bon moyen d’améliorer la relation avec les utilisateurs en étant réactif 24/7 et d’affiner la connaissance de leurs besoins clés. Charge aux designers de rendre ces outils attractifs et faciles à prendre en main, surtout quand on connaît le niveau d’utilisation des apps de messaging aujourd’hui.
D’un autre côté, l’IA, qui favorise de nouveaux modes d’interaction avec les applications grâce à une capacité d’analyse vocale et visuelle largement boostée, pourrait faire pencher la balance en faveur d’une forme de “Zero UI”. Si le terme peut sembler excessif (on ne vous conseillera jamais de mettre vos designers au placard, ce serait une grave erreur), il prêche en faveur d’interfaces ultra épurées qui se contrôlent par la voix, les gestes, les expressions du visage voire les pensées pour ceux qui voient vraiment très loin. Les récentes annonces autour de l’Apple Vision Pro et sa navigation spatiale ainsi que le constat de plus en plus répandu que de nombreux utilisateurs préfèrent effectuer leurs recherches à la voix1 pourraient contribuer à rendre réelle cette approche. Ajoutez à ça l’utilisation toujours très élevée des assistants vocaux et l’importance de proposer des services accessibles au plus grand nombre et vous comprendrez pourquoi cette tendance n’est clairement pas à négliger !

#2 3D Design & interfaces immersives : le mobile prend une nouvelle dimension
3D temps réel, réalité augmentée, réalité virtuelle… Si en 2024 on ne devrait plus du tout parler de métavers (thank God), pas question d’arrêter de rendre vos univers mobiles remarquables. L’imbrication des mondes reste une réalité et un formidable moyen de créer de l’engagement autour d’expériences immersives : qu’il s’agisse de visualiser des contenus, d’essayer des produits, d’avoir recours au gaming, etc. Et l’arrivée du Vision Pro là encore pourrait permettre de créer de nouvelles habitudes chez les utilisateurs dans leur façon d’interagir avec les éléments 3D. Il faudra donc être capable côté design de jouer avec des composants qui intègrent de la profondeur en gardant bien à l’esprit qu’en 2024, la 3D se conjuguera aussi beaucoup en termes illustratifs au sein des interfaces, tout type de rendus confondus. Comment ? Avec plus d’effets de lumières et d’ombres, des couleurs vives, pastel et conviviales, des rendus plus lisses et plus neutres qui peuvent rappeler les mouvances du claymorphism (et son aspect pâte à modeler) et du glassmorphism (et son aspect verre).

#3 Secure by design : bienvenue dans l’ère du passwordless
L’approche “Secure by design” défend l’émergence de services mobiles basés sur la sécurité, dès les prémices de leur conception et tout au long de leur développement. L’idée étant de bien anticiper tous les scénarios de vulnérabilité potentiels que pourraient rencontrer l’utilisateur et trouver des moyens de les minimiser au sein des interfaces. Traduction : en 2024, les mécanismes de sécurisation des applications, notamment en matière de mots de passe, seront toujours un sujet avec de forts enjeux autour de la biométrie (reconnaissance faciale, empreintes digitales…) et du “passwordless” qui offre non seulement plus de fiabilité (un mot de passe peut être beaucoup plus simplement corrompu) mais aussi plus de facilité d’utilisation. La dernière version d’iOS, la version 17.3 inclut aussi une couche de sécurité supplémentaire sur le smartphone, notamment en ce qui concerne plusieurs actions liées au Cloud. Une preuve en plus de la prégnance de l’enjeu de la conception “Secure by design”.

#4 Hypercontextualisation : mon interface à moi
S’il y a bien une tendance dont l’impact en termes de fidélisation et d’engagement des utilisateurs n’est plus à prouver, c’est bien elle : la personnalisation. En 2024, continuez à faire des interfaces sur-mesure, qui s’adaptent aux préférences et aux habitudes de chacun, et surtout plus modulaires afin de se conformer à leurs différents contextes d’usage. Merci la data et merci l’IA (quoi, encore ?) grâce à qui, il sera possible d’analyser plus finement et d’anticiper ces fameux contextes d’usages pour offrir à vos utilisateurs des interfaces plus ciblées, plus personnelles et qui sait peut-être basculer dans l’émotionnel. Résultats de recherche et recommandations personnalisés, wordings adressés… Pensez vos applications pour qu’elles touchent votre cible en plein cœur mais attention à respecter sa confidentialité. Ben oui, il ne s’agirait pas d’oublier la trend #4 non plus.

Penser personnalisation c’est aussi être capable de laisser la main à son utilisateur quand il le faut. Le dark mode en est un excellent exemple. Connu pour réduire la fatigue oculaire et la consommation d’énergie des batteries, il ne peut plus être une option aujourd’hui dans les interfaces mobiles mais il doit être paramétrable manuellement ou selon les heures de la journée pour éviter d’être la seule application en light mode du smartphone de l’utilisateur. Le mot d’ordre, vous le connaissez : ne pas déranger.
#5 Le design devient comportemental & émotionnel
Personnaliser et humaniser son produit permet en effet de générer des émotions, a fortiori positives, chez les utilisateurs et donc de créer des expériences mobiles dont ils se rappelleront longtemps. Concrètement, cela revient à adopter l’approche du design émotionnel qui met les attentes humaines au cœur de la conception et ne se base plus uniquement sur des critères fonctionnels d’efficacité et de rapidité. Le design émotionnel joue avec les sens & les émotions instinctives (on parle alors de design émotionnel viscéral), les besoins, en décryptant ce que l’utilisateur est venu chercher dans une app et comment il a envie d’interagir avec elle (on parle ici de design émotionnel comportemental) ou encore les pensées profondes et réfléchies qui naissent après le passage sur l’interface (c’est le plus poussé : le design émotionnel réflectif).
Alors, avis aux designers ! Cette année, en plus de penser innovation et créativité, pensez psychologie… Vous seriez surpris de voir comme l’humain vous le rend bien.

#6 Entre minimalisme, brutalisme et néo-brutalisme : on choisit quoi ?
Vous savez, nous ne croyons pas qu’il y ait de bonne ou de mauvaise tendance en isme… Si nous devions résumer la situation aujourd’hui avec vous, nous dirions que c’est avant tout une question d’époque ou plutôt d’éternel recommencement. Bon, en réalité il est clair qu’actuellement plusieurs mouvements se chevauchent, s’imbriquent, se nourrissent et finissent d’une certaine manière par se rejoindre : soyons simple (et responsable par la même occasion), soyons parfois carré et soyons pourquoi pas un peu brut.
Alors, on ne vous dira pas réellement quoi choisir en 2024 entre minimalisme (fer de lance de l’épuré), brutalisme (qui s’inspire de l’art brut des années 50 avec beaucoup de cadres et de lignes pour encapsuler les composants) et néo-brutalisme (plus fun que son grand frère parce qu’il ajoute une dose de couleurs et d’ornements), on vous dira de penser avant tout à votre contenu et votre navigation. Car oui, dans pas mal de cas, les principes de ces 3 mouvances permettent de fournir plus de contenus, sans surcharger la page. Alors non sky is not the limit, des fois c’est bien de les voir les limites. Enfin en matière de design du moins.

#7 Le triomphe du dégradé et de la typographie
C’est dans cette même optique de simplicité que d’autres tendances graphiques s’incarneront en 2024 à travers le mobile.
D’abord, et puisqu’il paraît que ce sont dans les plus vieux pots qu’on fait les meilleures confitures, il semblerait que ce soit à nouveau dans les dégradés que l’on fait les interfaces les plus immersives. Ok, sans aller jusque là, disons que cette année les dégradés sont bien de retour, notamment car ils permettront d’offrir du mouvement tout en conservant une approche minimaliste. Peut-être un bon substitut au dynamisme du motion design et de la vidéo, plus léger, et surtout un moyen d’agir sur les sacro-saintes émotions de vos utilisateurs en misant sur les palettes de couleurs.
Une autre façon de montrer sa créativité dans les interfaces mobiles : la typographie. En mouvement, surdimensionnée, interactive… La typographie permet non seulement de transmettre de l’information mais désormais aussi de capter l’attention, quitte parfois à opter pour des mises en page uniquement textuelles. Bon et attention, comme tout, la typo est à consommer avec modération, surtout quand il s’agit d’animation car trop de distraction, tue la distraction.

#8 En 2024, soyons toujours plus responsables & inclusifs
On vous le martelait déjà dans deux de nos guides pratiques disponibles ici et ici mais un peu de radotage n’a jamais fait mal à personne : la conception d’applications mobiles ne pourra plus, en 2024, exister sans intégrer dès le cadrage les problématiques environnementales et liées à l’accessibilité. Deux préoccupations de société incontournables qui responsabilisent tous les acteurs du numérique au sens large pour proposer des services qui soient respectueux de la planète et utilisables par l’ensemble de la population, incluant toutes les personnes en situation de handicap. Couleurs, contrastes, taille des typographies, poids des assets, contenus “faciles à lire et à comprendre”, limitation des requêtes… De nombreux éléments comptent quand on veut faire du design réellement éthique mais c’est dans le fondement même de votre service qu’il faudra désormais inclure ces deux principes et tous les critères associés.

#9 Les micro-interactions et les animations toujours au programme
Retours haptiques et légères pressions, sons subtiles, remplissages de pictos, modifications de couleurs, card dynamique en parallaxe qui suit l’inclinaison de l’écran du smartphone à la Netflix… Les micro-interactions et animations sont depuis quelques années déjà les stars, plus ou moins discrètes, de nos apps mobiles. Elles permettent d'améliorer l'expérience utilisateur de manière engageante voire chaleureuse, en le guidant vers une action ou en attestant du statut de cette dernière. Elles sont par exemple très utilisées en tab bar ! Attention toutefois, même si la puissance évolutive de nos smartphones permet de produire des animations plus avancées, ne quittez pas encore votre copine Parcimonie, elle est toujours de bon conseil. Ne serait-ce que pour des raisons de poids mais aussi pour ne pas trop fatiguer les yeux de vos utilisateurs. On vous a d’ailleurs fait dans notre article dédié à la tab bar quelques recommandations de micro-interactions pas trop gourmandes (en énergie, enfin !), valables pour les apps retail, mais pas que.

#10 Multi-screens design : rendre le design plus cohérent
Plus que jamais en 2024, nous vivrons dans un monde où cohabitent tout au long de la journée des écrans multiples. Si un jour certains rêvent du “plus d’écran du tout” avec des des wearables comme l’AI Pin qui pourraient, qui sait, s’inscrire vraiment dans les usages, aujourd’hui, ils sont encore partout. Smartphone bien sûr, tablette, TV, smartwatch, desktop et maintenant même lunettes & casque AR/VR (voire ordinateur spatial pour Apple)... Il est devenu naturel de mêler les utilisations de ces devices de façon simultanée, complémentaire ou complètement divergente. Reste que les expériences ne peuvent plus être pensées uniquement au prisme du mobile (ou autre) et que l’émergence parallèle des écrans pliables ou enroulables vient renforcer cet enjeu. Dans ce contexte, il devient clé de coordonner les activités de conception dans leur ensemble en appliquant les principes du Design Ops et de penser aussi “rationalisation” des composants en créant un design system complet pour votre marque, qui répond parfaitement au besoin d’industrialisation de la chaîne de production digitale au prisme du multi-écrans.
Assurez-vous aussi de respecter les principes du responsive design pour offrir des expériences cohérentes sur tous les appareils où elles sont utilisées car cette année la bonne résolution une fois encore, c’est “étirement” ! Non pas les vôtres après la muscu, celui de vos interfaces, pour qu’elles s’adaptent à tout type d’écran. Suivez un peu.

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1- +50% des américains utilisent d’ailleurs déjà quotidiennement la recherche vocale.


