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Retour sur la MaddyKeynote – Saison 1 épisode 5 « MUTATIONS »

Retour sur la MaddyKeynote – Saison 1 épisode 5 « MUTATIONS »

6 février 2020

Si l’édition 2019 nous parlait du Futur, celle de 2020 était résolument ancrée dans le Présent.
Voyage, IOT, Data, Santé ou encore Design, force est de constater que quels que soient les secteurs, les réflexions convergent. 
Comment transformer nos manières de concevoir aujourd’hui, pour assurer la résilience de demain ? 
 
Observation de quelques stratégies, individuelles comme collectives :
 
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MUTATIONS de nos manières de voyager 
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Avec Evaneos, qui propose des voyages sur mesure, on prône l’urgence du local. 
Local dans l’expertise, local dans la proposition de valeur…
 
Quelques photos du Taj Mahal bondé et un topo sur le tourisme des éléphants en Thaïlande plus tard, on fait le point sur ce que devrait être le voyage en 2020.
Une logique de rencontre plutôt que de consommation. 
Une logique d’expérience plutôt que de copie et de lieux instagrammables. 
 
Eric La Bonnardière, cofondateur et CEO d’Evaneos pose également la notion de « traçabilité de la prestation » de voyage et s’y engage.
« Il faut faire évoluer nos manières de voyager en faisant plus attention à la planète, et sortir des clichés pour voyager mieux. »
 
Et si finalement voyager c’était aussi et surtout profiter du trajet..?
Hemingway n’est plus si loin : “It is good to have an end to journey toward, but it is the journey that matters in the end.” 
 
 
MUTATIONS de notre rapport aux objets connectés
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Autour de la table : les sociétés Sanofi, Withings & Brain E.novation.
 
Le postulat est partagé par tous : il est aujourd’hui nécessaire de faire évoluer la prise en charge du patient compte tenu du vieillissement de la population et de l’explosion des maladies chroniques. La démarche est déjà lancée : nous glissons progressivement d’une médecine de l’urgence & curative, uniquement proposée dans les lieux médicaux, vers une médecine de la prévention, de l’accompagnement, idéalement à domicile.
 
C’est en ce sens que les objets connectés deviennent pertinents. Ils permettent d’entrer dans la vie quotidienne des patients pour faire remonter de la donnée et leur fournir un accompagnement en retour. 
Leur crédibilité ainsi que leur usage augmentent, notamment en raison de la réglementation qui progresse, des études multiples prouvant les bénéfices patients, et de l’adoption en hausse par les professionnels de la santé.
 
Mais pour aller plus loin, il est essentiel que ces objets soient non intrusifs.
Nous sommes actuellement dans une phase d’expérimentation…
 
En France, le rapport aux objets connectés (notamment en lien avec la santé) est teinté de frilosité. Les lenteurs dans le déploiement de ces dispositifs, pourtant à forte valeur ajoutée, sont liées à la saturation du secteur médical et bien évidemment à la peur du traitement de la donnée. 
Selon les intervenants il faut se décomplexer, dédramatiser, ne pas voir cette frilosité comme une contrainte et accentuer le travail en collaboration : avec la Tech, l’Assurance maladie, les hôpitaux…
 
Cette notion de Télésanté et ce qu’elle englobe pourra également répondre aux déserts médicaux et renforcer le rôle d’autres professions (tels que les pharmaciens, infirmières ou sages femmes..) comme aux Etats-Unis où beaucoup de professions « extensions » au médecin ont été créées pour soulager les tensions du secteur. 
 
Et Éric Carreel de Withings de conclure : « Il faut positiver la capacité de transformation sans minimiser les risques, on est capable d’être responsable ». La donnée de santé possède une vraie valeur collective. Trouvons le moyen de la manipuler en toute bienveillance et sécurité.
 
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MUTATIONS de notre maturité à protéger nos données
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La transition était toute trouvée avec la conférence réunissant Palantir, Earthcube et Vade Secure : 3 entreprises dont le cœur de métier est la protection de données.
 
Pour déconstruire le sujet et parler plus concrètement, voici une rapide définition de ce que le terme englobe :
 
  • Le stockage et l’encryptage (quelle exposition et quelle gestion des accès ?)
  • La maîtrise (quelle capacité à les réunir au même endroit?)
  • Le suivi des règles (RGPD et autres)
  • Les tests de sécurité
  • La traçabilité
  • La gestion du niveau de criticité
  • La régulation (moins de données signifiant logiquement moins de danger)
 
Évidemment, le monde d’aujourd’hui génère de nouvelles données toutes les secondes et en tire beaucoup de valeur : nous ne pouvons plus faire sans.
Que faire à un niveau individuel ?
Le principal conseil serait celui de la maîtrise. Maîtriser et minimiser ce que l’on produit, protéger et accepter que les failles sont permanentes.
Et plus factuellement, la sécurisation de vos comptes via plusieurs facteurs. Pour plus de recommandations et de précisions, vous pouvez vous rendre sur le site de l’Anssihttps://www.ssi.gouv.fr .
 
Gautier Cloix, directeur général de Palantir précise « Quand le produit est gratuit en général c’est que vous le payez de vos données ». 
 
En effet :
– Il faut être conscient de ce que l’on diffuse et du fait que les garanties de non-revente ne sont pas toujours assurées
– Gardons en tête que l’email reste la porte d’entrée principale et que les entreprises les plus ciblées demeurent les banques et les compagnies aériennes
– Dire que nous n’avons rien à nous reprocher et ne pas s’en préoccuper n’est pas valable, nous n’avons pas de preuves de non exploitation de nos données
 
La démarche consiste à évaluer personnellement les risques et agir consciencieusement en fonction…
 
 
MUTATIONS de nos normes de conception 
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Enfin, un petit focus UX avec la Fab Design d’SNCF et ce sujet : quelle contribution des designers des applications et interfaces SNCF à la notion de design éthique ? 
Avec en fil rouge, cette volonté de ne pas en rester au stade de la bonne intention et de le faire en juste équilibre avec la réalité économique de l’entreprise.
 
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Attention, cette étude de cas est duplicable chez vous, comme chez nous 😉
Comment embarquer les parties prenantes ? Comment diffuser la démarche au delà de l’équipe ?
 
1- DÉFINIR
 
Pour la SNCF, le Design éthique englobe les notions de Respect, Frugalité et Inclusion
 
2- PRÉCISER 
 
Autrement dit, faire des hypothèses concrètes de réponses.
Voici quelques exemples issus des réflexion de la Fab Design : 
 
  • Veiller à ne pas sur-solliciter l’attention de l’utilisateur : éviter les scrolls infinis ?
  • Éviter au maximum les intrusions dans leurs parcours : ne pas forcer les mises à jour, bien gérer la pression des pushs commerciaux ?
  • Prendre soin des agents SNCF qui travaillent de nuit : ajuster les interfaces pour ne pas fatiguer les yeux (création d’un mode sombre pour économiser la fatigue et l’énergie) ?
  • Développer pour les environnements non connectés ?
  • Découvrir, se rappeler que 45%  des fonctionnalités demandées par les users ne sont finalement pas utilisées, prioriser les développements 
  • …. 
3 – AGIR
 
Création d’outils pour diffuser l’information, de feuilles de routes, de ressources exploitables par tous, d’outils de mesure des travaux : 
 
  • Création de fiches pédagogiques pour déconstruire les mythes autour de l’accessibilité et évaluer l’effort du côté des équipes pour passer le cap du 1er pas
  • Mise en place d’un Canva listant les thématiques imaginées sur les parcours clients et répondant aux grands piliers (permettant d’identifier qui est concerné et les questions associées)
  • Création et entretien d’un Design system pour homogénéiser les interfaces et ainsi limiter les efforts de compréhension mais aussi de conception sur les 400 apps de l’écosystème
  • Diffusion d’un outil de mesure organisé autour de 5 indicateurs pour mesurer la valeur des productions :
Indicateur 1 : Adéquation aux normes d’accessibilité  
Indicateur 2 : Respect RGPD
Indicateur 3 : Niveau d’efficience fonctionnelle
Indicateur 4 : NPS Score 
Indicateur 5 : Mesure de la charge serveur nécessaire 
 
Design ethique
 
Et éventuellement rendre disponibles ces outils en Open Source pour que chacun puisse s’en inspirer ?
C’est prévu.