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Maddy Keynote 2019

Maddy Keynote 2019

12 février 2019

 
La Maddy Keynote, c’est l’évènement incontournable de l’innovation française organisé par le magazine Maddyness. La 4ème édition a eu lieu le 31 janvier au sein du centre culturel 104 à Paris. Cette année, le thème était « Une journée en 2084 », en référence à la dystopie « 1984 » de George Orwell. 
De nombreuses conférences et discussions inspirantes nous ont propulsé dans le futur du Travail, de la Consommation et du Bien-Être !
 
2084, finalement, c’est demain. Les innovations d’aujourd’hui façonnent notre monde de demain, et il est primordial d’observer notre impact sur le futur pour mieux le préparer.
 
Tiré des conférences et tables rondes de l’évènement, voici l’aperçu de ce que pourront être le magasin, les centres commerciaux, le travail, les relations, la santé et la tech de demain.
 
 

 

Demain, le magasin...

Avec l’essor du e/m-commerce, le rôle du magasin physique évolue.
Et demain, le magasin aura une vocation plus « expérientielle » par rapport au magasin classique. Il s’agira d’une boutique dans laquelle le consommateur viendra essentiellement pour découvrir la marque, vivre une expérience avec la marque et les produits, rencontrer des ambassadeurs et échanger avec d’autres consommateurs sur leurs usages… Par exemple, les magasins Decathlon urbains permettent de venir tester en situation les produits pour mieux se projeter et ainsi faciliter la prise de décision; Dans la même veine, le flaghship Dyson de New York propose aux clients de se faire shampouiner et coiffer pour tester le fameux sèche-cheveux. 
Les 4 invitées de la table ronde dédiée au futur du magasin sont formelles : le magasin du futur sera un showroom, un véritable lieu de vie où l’expérience tirera parti du meilleur de la technologie mais sera aussi essentiellement humaine et émotionnelle. « Digitaliser pour digitaliser » n’a pas de sens pour tisser un lien avec une marque, les magasins doivent s’approprier et réinventer la tech pour enrichir l’expérience client proposée en boutique et le plus important est bien évidemment d’être réellement en accord avec les besoins de ses propres consommateurs. Un point de vue que nous partageons depuis quelques années dans notre série d’études RetailXperience !
 
Le magasin physique et le e/m-commerce doivent se compléter pour proposer une expérience omnicanale complète.
 
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Angélique Lenain (Sensee), 
Fabienne Dulac (Orange France), 
Anne-Sophie Sancerre (Unibail-Rodamco-Westfield), 
Audrey Gentilucci (Label Experience)
 
 
 

Demain, les centres commerciaux…

Parce que de plus en plus, un client touché émotionnellement par une marque veut contribuer, acheter et racheter, l’expérience client de demain se doit de créer de l’émotion.
Les centres commerciaux se transformeront en ce sens et proposeront de nombreux services pour faciliter le quotidien des clients, améliorer les espaces urbains pour répondre aux nouvelles problématiques de mobilité, ou encore apporter davantage de divertissement. Plus qu’un rôle mercantile, ils auront un rôle social et éthique majeur.
 
Dans ce sens, le spécialiste des centres commerciaux Klépierre est venu présenter sa démarche d’open innovation structurée autour de 9 axes, pour (re)construire le centre du futur :
1. Des centres 100% connectés
2. Un engagement RSE
3. Des services innovants
4. L’adaptation aux nouvelles mobilités
5. La réinvention de la logistique
6. Le Retailtainment
7. Les nouveaux modes de travail
8. La sécurité
9. Les KPIs
 
Selon Klepierre, les centres commerciaux doivent se diversifier pour devenir de véritables « hubs » de vie en rassemblant des centres médicaux, des plateformes de logistiques, des centres de loisirs ou espaces culturels…
Elise Masurel de Laval – Klépierre
 
 
 

Demain, la santé au travail...

Le développement des nouvelles technologies a un impact tangible sur notre santé.
De plus en plus de personnes – médecins, penseurs… – sont d’accord pour dire que la clé d’un corps en bonne santé est la médecine préventive, qui agit sur le corps en amont et permet de prévenir et éviter les maladies et douleurs. Mais en France, nous sommes encore trop habitués à une médecine curative. Alors afin qu’en 2084, le travail soit (vraiment) la santé, la CEO de Yogist Anne-Charlotte Vuccino est claire :  il est nécessaire de mettre en place une démarche pérenne et active de la part des usagers, qu’ils prennent leur corps en main et surtout, qu’on leur en donne les moyens. Car « la santé, ça se travaille ».
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Anne-Charlotte Vuccino – Yogist
 
 

Demain, le travail...

D’ici 2084, suite à une montée en puissance de la robotisation et de l’intelligence artificielle,  47à 69% des métiers actuels pourraient être automatisés. Certains métiers vont donc se voir transformés tels que les manutentionnaires, les hôtesses de caisse, les comptables, les avocats, les chirurgiens… 
Pour autant, attention, l’humain ne sera pas « remplacé » par des robots mais il s’appuiera sur les machines qui lui permettront ainsi de décupler ses compétences ou d’en développer de nouvelles, afin de devenir une version « augmentée » de lui-même.
 
Alors pour appréhender l’avenir et la transformation du milieu du travail, il va falloir repenser les pratiques
  • Dans un premier temps, dans la manière dont on recrute. Aujourd’hui, quand on recrute 100 personnes, 17% ne sont plus en poste au bout de 6 mois, 36% au bout de 1 an et 46 % au bout de 18 mois. Neuf fois sur dix, ce n’est pas en raison d’un manque de compétences techniques mais plutôt à cause de problèmes d’ajustements comportementaux (affinité, alignement des valeurs personnelles et de l’entreprise…). Pour pallier ce problème de recrutement, il faudrait se concentrer sur l’humain et ses « talents naturels », qui sont la somme de 3 éléments : ce qu’il veut faire (ses motivations), ce qu’il peut faire (ses aptitudes) et comment il va faire les choses (sa personnalité).
    En 2084, les modèles prédictifs de recrutement permettront d’associer ces talents naturels à des emplois. 
  • Dans un second temps, dans l’épanouissement au travail. Dans le futur (et maintenant !), il sera nécessaire de permettre à chacun d’exprimer ses talents et donner la possibilité de vivre son emploi avec passion, car une personne passionnée par son travail est jusqu’à 6 fois plus performante. Alors qu’aujourd’hui 89% des personnes au niveau mondial (91% au niveau France) ne sont pas motivées pour aller au travail le matin, il reste du chemin à parcourir !
    Selon David Bernard, CEO de Assessfirst, à partir de 2025 on assistera peut-être à une généralisation des « mood trackers », des puces capables de déterminer des constantes comme l’humeur générale. Voyant que depuis 4 semaines, l’humeur d’un employé est en baisse sur ses heures de travail, celui-ci pourra recevoir une notification le prévenant qu’une entreprise à 6 minutes à pied de chez lui recherche un profil comme le sien, avec un salaire 22% supérieur, un meilleur taux d’affinité avec le manager et donc une probabilité d’être 1,7 fois plus heureux… Pour avoir un emploi qui lui correspond vraiment le plus possible.

Selon lui, le quantified-self sera réellement au service de la recherche d’emploi, mais pour faire ressortir notre humanité (talents, aspirations, personnalité), qui nous différencie des robots ! 

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David Bernard – Assessfirst
 
 

Demain, les relations...

Ces dernières années, Internet et le monde des apps ont complètement bouleversé la manière dont on se rencontre et même la façon d’entretenir une relation. 
Demain, imaginez, des relations physiques virtuelles via des hologrammes ou de la réalité virtuelle ? Ou avec des robots comme dans le film Ex Machina ? Selon Didier Rappaport, CEO de Happn, cette réalité n’est pas si éloignée, preuve en est, il existe déjà des maisons closes où des robots offrent leurs services. 
Il nous plonge dans un futur proche où la tech transforme le dating  : la réalité augmentée dans les apps de rencontre qui permet de voir à travers la caméra à quel endroit on a croisé une personne avec une représentation holographique de son profil,  l’envoi de message qui ne pourraient être ouvert qu’à un endroit en particulier, ou encore des capteurs d’odeurs, qui pourraient reproduire l’odeur d’une personne à distance, etc.
Mais la vraie question reste « Est-ce que c’est ça qu’on veut ? ». Didier Rappaport le clame : pas vraiment !
Le vrai objectif dans le futur des applications de rencontre est d’utiliser les données personnelles, telles que le fait d’aimer un artiste ou d’être intéressé.e par un secteur, pour s’en servir comme d’un « ice-breaker » entre deux personnes, pour faire se rencontrer des personnes sur la base de ce qu’ils sont vraiment
Cependant, l’ultra-personnalisation ne sera pas la clé de la réussite sur ce domaine. Car la vie et les rencontres sont souvent dues au hasard, la complexité sera de garder une place au hasard dans ces algorithmes de demain.
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Didier Rappaport – Happn
  
 

Demain, l'éthique...

Dans un récit d’anticipation poignant, la CEO de Techfugees, Joséphine Goube délivre un message clair sur le futur basé sur les prédictions des scientifiques qui annoncent une amplification des migrations climatiques jusqu’en 2050.
Quelques bribes de l’histoire dans laquelle elle nous a transportés : 
  • En 2021, le Danube déborde en laissant des millions d’européens sans rien. Ces personnes migrent pour retrouver un toit et l’Europe change ainsi sa conception sur la notion de réfugiés. Les budgets alloués à leur cause augmentent.
  • En 2031, le gouvernent chinois commence à sélectionner les réfugiés qui ont le droit de résider sur leur sol en se basant sur une intelligence artificielle qui choisit selon le système de crédit social. Puis, une entreprise donne forme à ce sytème de sélection et développe sa solution en Europe.
  • En 2049, Techfugees lance son projet « Ellis », qui prend la forme d’un énorme hackathon pour contrer cette solution non éthique. Ils aboutissent à la création d’un virus informatique qui permettra de hacker le programme chinois et faire en sorte que tout le monde ait un score égal.
  • En 2051, Joséphine est contrainte de migrer sur Mars car la mafia chinoise la poursuit après cet épisode…
 
La conclusion à tirer de son récit est que les migrations sont un fait, mais que la Tech est un moyen dans lequel il n’appartient qu’à nous d’injecter de l’éthique. En 2084, on espère que la Tech sera “for good” et que même les entreprises qui ne sont pas sociales par essence, se seront adaptées à la nécessité d’une croissance durable et solidaire. Mais plus qu’espérer, il faut les inciter à agir 😉
 
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Joséphine Goube – Techfugees
 
 
 
Rendez-vous l’année prochaine pour la 5ème édition !