Hedios : 3 questions pour comprendre l’app premium qui démocratise les produits structurés
Après une période de soft launch, l’application mobile de Hedios est arrivée il y a quelques semaines dans la poche de ses 5 300 clients pour les aider à gérer leur portefeuille d’actifs… bien spécifiques !
Hedios est une fintech indépendante type start-up née en 2009 qui conçoit ses propres produits structurés, dénommés les Gammes H. À la fois plus protecteurs que les fonds d’actions et potentiellement plus performants que les placements garantis, les Gammes H présentent l’avantage de fixer, dès le départ, les règles du jeu sur les performances et les risques. Seul expert sur les marchés français et européen à se positionner sur cette classe d'actifs, Hedios distribue son offre sur le digital, directement aux investisseurs particuliers souhaitant faire fructifier leur patrimoine financier : sur son site internet et maintenant sur son app pour laquelle elle a sollicité USERADGENTS dans la conception et le développement. Nous avons posé 3 questions à Guillaume Ruscica, Directeur Marketing chez Hedios, et Hugo Subil, Directeur du Pôle Conseil chez USERADGENTS pour comprendre les enjeux majeurs de cette nouvelle app et les choix qui ont guidé sa création.
1/ Quelle est la valeur ajoutée de l’application par rapport au site web Hedios et était-il vraiment raisonnable d’investir dans une application mobile pour une audience restreinte ?
Guillaume Ruscica : Ces questions, nous nous les sommes posées au tout début du projet même si en tant que fintech 100% digitale, la création d’une app en 2023 s’imposait naturellement. C’était surtout une demande de nos clients et nous avons choisi de leur dédier exclusivement cette app, à ceux qui ont déjà souscrit à leurs premières Gammes H via notre site web. Le parcours de souscription - qui est assez long et complexe avec des questions réglementaires à prendre en compte et de nombreuses pièces justificatives à charger - nous l’avons laissé sur le site, pour des raisons de facilité d’usage. Le but de l’app est d’apporter aux clients une meilleure gestion de leur portefeuille de Gammes H avec plusieurs nouveautés dans les informations délivrées sur le suivi des marchés boursiers européens et de ses produits. Même chose sur la fluidité de réalisation des actes avec la possibilité d’investir dans un nouveau support, de réaliser un nouveau versement, d’arbitrer ses fonds…
Nous avions aussi une vraie volonté d’embarquer nos clients dans l’histoire même des Gammes H, leurs mécanismes, leurs scénarii, pour créer une relation plus privilégiée avec eux et qu’ils aient plus l’habitude d’être en contact avec notre société et ses produits. Nous sommes sur un marché de niche, plutôt axé consolidation de portefeuille, avec des produits peu connus du grand public et même de la presse spécialisée, et nous voulions donc les montrer et les démocratiser auprès de nos clients. Cela passe par des podcasts, des vidéos, des fiches explicatives…
Hugo Subil : Mêmes questionnements côté agence. C’est en phase d’immersion, en interviewant les clients existants et les conseillers, que nous avons trouvé nos réponses. Nous avons identifié deux grands personae qui nous ont tous les deux convaincus d’aller vers la création d’une app pour les satisfaire. D’un côté, ceux qui avaient besoin de compréhension et de relationnel pour avoir des explications pédagogiques sur les Gammes H, même après la souscription. Par exemple, quand se pose la question du réinvestissement de leurs bénéfices. L’app, de par sa proximité avec l’utilisateur permise par le device mobile, offre une couche supplémentaire de conseil. De l’autre côté, moins nombreux, les utilisateurs plus experts qui ont besoin de regarder les indices marché, de comparer les courbes, de se projeter sur leurs actifs pour anticiper d’autres investissements. L’app a des capacités techniques et de précision pour favoriser cette visualisation et la prise en main en autonomie par les clients en recherche de gain. Ce que le web en version mobile ne peut pas faire aussi facilement.
2/ Vous avez fait le choix de conduire ce projet en cycle en V, dans une période où tout le monde ne parle que d’agilité, pourquoi ? Quels sont les pièges qui ont dû être évités ?
GR : Avant tout parce que nous sommes sur une app qui n’existe nulle part ailleurs. C’est bien car nous sommes totalement libres au niveau de la conception mais c'est aussi une difficulté car nous n’avons pas pu faire de benchmark pour dégager les tendances sur des services similaires. Le cycle en V s’est donc imposé naturellement car nous partions de 0, car nous avions de vrais enjeux d’agenda et car nous avons opté pour des technologies natives avec deux équipes (Android & iOS) et une certaine complexité technique. Mais attention, quand on dit cycle en V, ce n'est pas tout à fait exact car nous avons fortement imbriqué conception et développement et avons également travaillé selon les normes agiles, avec ses instances, règles et fonctionnements.
Il y a eu un gros travail avec les équipes de USERADGENTS (Conseil, Delivery, UX, UI) sur cette phase de conception, notamment à travers ces fameuses interviews de clients actuels et de conseillers Hedios mais aussi en leur faisant tester le produit tout au long du projet. Sur recommandation de USERADGENTS, les développeurs ont été impliqués très tôt dans le projet pour éviter les écueils classiques du cycle en V où, à cause de la décorrélation entre les équipes, des problèmes surviennent au moment des développements.
HS : Le cycle en V s’est aussi imposé dans la mesure où Hedios n’a jamais fait de mobile à proprement dit, que du web responsive, et que l’équipe IT qui gère ses produits digitaux est relativement réduite. Il fallait donc s'assurer de se comprendre sur les besoins techniques futurs de l'application mais aussi identifier l'ensemble des chantiers back-end qui étaient à mener pour nourrir l'app demain : un plus grand facteur de risque que de conduire un projet en cycles agiles, où tout est fait en parallèle : les développements back, front et la conception. Autre écueil : le temps. Un cycle en V - sur le papier - peut prendre beaucoup plus de temps qu'une réalisation agile. Nous nous sommes donc efforcés d'anticiper, de prioriser et d'affiner sans cesse notre roadmap avec l'ensemble des parties prenantes du projet sans perdre de vue son ambition. À bien y regarder, nous avons conçu l'ensemble des maquettes et testé celles-ci auprès d'utilisateurs en 4 mois, développé ces 2 apps natives en moins de 4 mois et réalisé un soft launch en 1 mois. Au total, moins d'un an pour réaliser une app qui n'existe pas sur son marché.
3/ Quels sont les choix technologiques qui ont été faits pour développer cette app ? Pourquoi ?
GR : Je n’aurais qu’une chose à dire : la qualité. Nous sommes une petite société mais avec des clients très exigeants donc pour des questions d’image, avant même le temps et le budget, notre optique était d’avoir la meilleure expérience possible pour notre cible très premium. Et seul le natif permet d’aller aussi loin dans la qualité.
HS : Comme nous avions décidé très tôt en conception de faire des interfaces 100% personnalisées Hedios, nous avons opté pour le natif pour nous prémunir de toute complexité de réalisation qui peuvent être plus fréquentes avec une technologie hybride, telle que Flutter par exemple. Les champs des possibles sont plus grands sur le natif, ne serait-ce qu’en matière de micro-interactions, essentielles sur la partie ‘data visualisation’ de l’app, et qui sont plus facilement intégrables sur du natif que sur de l’hybride. Idem sur certains autres points de design dont nous craignions pour la fluidité de l’affichage avec une technologie hybride. Avec le natif, nous pouvions apporter à Hedios ce côté premium attendu, leur garantir d'être au plus proches des fonctionnalités et extensions offertes par les deux OS, pour une fluidité maximale de l'interface et une facilité de maintenance sur chaque OS.
Alors oui, cela suppose plus de moyens humains mais sur un temps court. Ce qui a permis de rationaliser les coûts d’une autre façon. Développement natif et développement hybride sont souvent opposés pour ces raisons - coûts & temps - mais l’implication de notre Lead Dev en phase de cadrage a permis de pallier ça. Il ne faut pas non plus oublier que nous avons fait ces choix il y a de nombreux mois, à un moment où les technologies hybrides, qui évoluent très vite, n’étaient pas encore ce qu’elles sont aujourd’hui. Et Hedios était prêt à faire cet investissement pour offrir le meilleur produit possible à ses clients et éviter toute contrainte liée à de la mutualisation de code.
Bonus/ Quels ont été les premiers retours sur l’app et quelles sont les prochaines étapes ?
HS : Le but était d’avoir une app qui tient au moins 3 à 5 ans avant refonte mais il sera important dans 6 mois, en laissant le temps aux utilisateurs de bien interagir avec le service, de mener une nouvelle étude qualitative et quantitative pour vérifier que l’app est toujours adaptée à leurs attentes. D’autant que nous sommes sur des audiences particulières, très différentes du prêt-à-porter par exemple, où nous ne sommes pas sur des utilisations régulières et où les besoins peuvent évoluer d’une ouverture à une autre. Il faudra aussi s’attarder sur la cohérence entre les différents points de contact et voir si l’app remplit bien son rôle par rapport au site et au service client, ou s’il faut réajuster ou inventer de nouvelles choses. Nous sommes vraiment dans du sur-mesure, et cette première “coupe” semble bien ajustée !
GR : Si on se projette encore un peu plus loin, nous avons comme projet de dupliquer l’app dans d’autres pays de la zone Euro, en Italie pour commencer car c’est un marché équivalent à la France au niveau taille sur les produits structurés. Nous aurons par contre des enjeux de traduction et d’adaptation côté réglementaire, car le cadre d’investissement n’est pas le même, mais le modèle est à date à 90% exportable.
Plus d’infos sur la conception et le développement de l’application Hedios à découvrir ici.
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